Rachid Chebcheb
Né le 9 février 1941, élève de l'école Essaâda. Enlevé chez lui le 14 mars 1957, en l'absence de son père, par les « bérets verts ». Jamais reparu.
Source : 1000autres.org (« Mille autres »)
Mémoire · dossier documenté
De la commune populaire aux réseaux de la bataille d'Alger, du sabordage patriotique du sport musulman aux disparus dont les familles attendent encore une réponse : ce que les archives permettent aujourd'hui d'établir — et d'honorer.
Pendant la guerre de libération, Kouba n'est pas un décor lointain : commune populaire du Grand Alger, elle vit au rythme de la Zone autonome d'Alger — quadrillages, contrôles, arrestations. Les grandes rafles de la « bataille d'Alger » (1957) et leurs disparitions forcées touchent ses rues, de la rue de Cambrai à la rue de l'Oasis.
Cette page réunit les faits établis par des sources publiques vérifiables : le projet d'historiens « Mille autres », les archives coloniales (ANOM), la presse et les encyclopédies. Elle dit aussi, clairement, ce qui reste à documenter.
Aucun nom, aucune date n'est inventé. Chaque affirmation porte sa source ; ce qui n'est pas recoupé porte le badge « à confirmer ». La mémoire des chouhada impose cette rigueur.
Le projet « Mille autres » (historiens Malika Rahal et Fabrice Riceputi) recense, fiche par fiche, les personnes enlevées par l'armée française à Alger en 1957-1958 et jamais reparues — « des Maurice Audin par milliers ». Parmi elles, des habitants de Kouba :
Né le 9 février 1941, élève de l'école Essaâda. Enlevé chez lui le 14 mars 1957, en l'absence de son père, par les « bérets verts ». Jamais reparu.
Source : 1000autres.org (« Mille autres »)
Né en 1912 au Haut-Sébaou. Cafetier au 14, rue de l'Oasis, trésorier du FLN, il abrita des militants — dont Ali la Pointe. Enlevé à son domicile le 5 août 1958 ; cinq jours plus tard, les gendarmes rendirent à son épouse ses papiers, son portefeuille et sa montre, sans un mot.
Source : 1000autres.org · ANOM · témoignage familial (2025)
L'un des six fondateurs du Riadha Club de Kouba en 1945, engagé dans le combat libérateur, porté disparu en 1957. Le stade municipal porte son nom : chaque match du Raed se joue chez un chahid. Une fiche « Mille autres » au même nom (né en 1922, enlevé le 30 juillet 1957) pourrait le concerner — identification à confirmer.
Source : Wikipédia AR/FR · 1000autres.org à confirmer
Ces fiches ne sont probablement pas exhaustives : d'autres Koubéens figurent peut-être dans les archives sous des adresses ou des graphies différentes. Le registre reste ouvert.
En mai 1956, le FLN lance un appel solennel aux clubs « musulmans » : boycotter toutes les compétitions sportives coloniales. La réponse est massive — toutes les associations sportives musulmanes d'Algérie se sabordent et restent inactives jusqu'à nouvel ordre.
Le RCK, fondé en 1945 avec un effectif entièrement algérien, entre alors dans six saisons de silence volontaire : de 1956 à 1962, plus un match officiel. Renoncer au football qu'on aime pour une cause plus grande — c'est aussi cela, l'histoire du club.
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saisons de silence sportif volontaire (1956-1962) : la compétition ne reprendra qu'avec l'indépendance.
Source : Wikipédia FR « Championnats d'Algérie de football (1957-1962) » · « Histoire du football en AFN ».
« Ne nous attendez pas… — sur une carte postale des coteaux de Kouba, en 1903, on écrivait des nouvelles de voyage. Un demi-siècle plus tard, des familles de ces mêmes rues attendaient des nouvelles qui ne sont jamais venues. »
Rapprochement éditorial du portail — collections « Mémoire en images ».
Premier président du GPRA. Marié à Kouba, il y vécut jusqu'à son décès en 1985 — la commune fut le port d'attache du « président de l'Algérie en guerre ».
Médecin et dirigeant nationaliste, ministre des Affaires extérieures du GPRA. Il habitait rue Dixmude, à Kouba.
Président de l'Association des oulémas musulmans algériens, dont le siège se trouvait à Kouba — un foyer d'affirmation identitaire sous la colonisation.
Colonel de l'ALN (Wilaya III) puis ministre ; il habita Kouba après l'indépendance.
Ministre de l'Économie du GPRA ; il vécut également à Kouba.
Les sources arabes décrivent la mosquée du Vieux-Kouba (1903) comme un « rempart » de l'identité arabo-islamique face à l'entreprise coloniale — un rôle discret mais constant, jusqu'à l'indépendance.
Source : Wikipédia FR « Kouba » (personnalités liées à la commune).
Le FLN déclenche la lutte armée. Alger et sa périphérie — dont Kouba — entrent dans sept années de guerre.
À l'appel du FLN, le sport algérien cesse toute compétition coloniale. Le RCK se tait — patriotiquement.
Rafles et disparitions forcées : le 14 mars, l'écolier Rachid Chebcheb (16 ans) est enlevé rue de Cambrai. Mohamed Benhaddad disparaît la même année.
Le 5 août, le cafetier Mohand Maouène, trésorier du FLN qui abrita Ali la Pointe, est enlevé rue de l'Oasis. Il ne reparaîtra jamais.
Cessez-le-feu le 19 mars, indépendance le 5 juillet. Le football reprend ; le RCK renaît sur son stade.
Le stade prend le nom du chahid Mohamed Benhaddad ; les avenues sont rebaptisées (Fellah Mohamed, Frères Abdeslami) ; la station « Les Fusillés » marque l'entrée de la commune.
La maison du RCK porte le nom d'un cofondateur du club mort pour l'indépendance. Y jouer, c'est déjà se souvenir.
Au Ruisseau, à la limite nord de Kouba, le pôle métro-tramway perpétue le souvenir d'exécutions coloniales ; l'origine précise du toponyme reste à documenter — recherche en cours.
Inventaire en cours — d'après Wikipédia FR « Kouba ». Chaque plaque rebaptisée est un acte de mémoire.
Familles de chouhada et de moudjahidine de Kouba : vos témoignages, documents et photographies sont l'avenir de cette page. Le portail les recueille avec rigueur et respect, aux côtés des monographies du ministère des Moudjahidine.